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29.07.2008

LATE AT NIGHT ( HOLIDAYS, SUCH A...)

Tu vois il est tard ( c'est écrit dans le titre, tu lis ou tu lis pas si tu lis pas tan...)

Il est tard et le son chez moi, la dernière sortie de Laurent Garnier après six ans de silence, me redonne foi en la musique française en général et mes vacances demain en particulier.

L'île.

Relis sur www.soleilmeme.com ce ue j'écrivis déjà, sur là-bas ( bouses blanches, été 07)(En voiture Simone, Well done Milady).

là : http://www.cecilehelleu.com/rubrique.php?rub=4&id=368, par exemple aussi.

Et souviens toi comme moi.

D'une année à oublier.

Pour de vrai.

Et pour de faux.

Le vrai.

La faux.

Je reviens vite.

c.

25.07.2008

FOR DRINK ( RESONNANCES )

Tu vois mon frère d'écriture,

ta note au réveil,

tes mots au réveil si similaires,

ont sorti les miens non pas des ténèbres, mais de la nuit interne profonde dans laquelle je les ai enfouis depuis le 22 décembre.

Alors, ici, loin de et encore assez près pour que tout soit intact : nos correspondances.

J'ai livré plusieurs versions à plusieurs moments et plusieurs endroits, elle est pour toi celle-là.

Il est vingt heures, j'enfile mon vison blanc vintage deux fois fendu sur mon cul qui me donne des airs de ce à quoi je dois ressembler pour, mes bras sont réquisitionnés par d'un côté un amoncellement indécent de noel en pays riche, de l'autre par ma progéniture surexcitée, avec les anniversaires ce sont les deux moments clef de l'année, nous sommes dans l'entrée quand mon putain de portable vibre, je n'ai pas de main, on est à la bourre, on a rendez vous et je ne suis jamais en retard alors pour noel imagines, il est où ce putain de portable, ah la, Ram ?

 

Ram ? un 22 dec à 20 h ?...

 

Désolée ma belle, désolée de t'appeler pour ça là maintenant ( et encore elle ignore que je suis dans l'entrée, tirée par deux petits chats qui ont rendez-vous avec un gros monsieur barbu et rougepas celui du petit prince non ), c'est très grave, Nath est à l'hopital, elle a fait une hémorragie, on est entrain de l'opérer, il lui reste maximum un an...

Noel...les enfants...mon filleul...ses enfants...pas vue depuis juillet...Nath, ma Nath...elle est où ?, Je ne sais pas, je te tiens au courant, je t'appelle dès que je sais, désolée,...

Ne rien montrer, ne rien dire, ne rien laisser filer, les enfants, noel, sourire, déconnecter, mettre tout ça en mode second moi, un moi qui sort de trois semaines de soins intensifs avec la mort du père en bouquet final, me mettre en mode ailleurs. 

Le lendemain faire le tour dès l'aube de qui sait quoi, de ce qui s'est passé vraiment, cet homme avec qui j'ai vécu, et pas que, avec qui j'ai vécu une passion énorme, pour lequel j'ai fait le tour du monde en trois jours, cet étranger que j'ai tellement voulu puis haï, bouffé bouffi par l'alcool même sa voix au téléphone est rongée, je tente de le remettre hors de la dérive tout me rappelle dans son errance et ses répétitions, il dit J'y serai tous les jours, j'irai lui tenir la main tous les jours, elle est dans le coma...

Ou elle est, je veux venir, essayes juste de me donner l'info au lieu de t'appitoyer sur ta coulpe, donnes moi l'info, où elle est ?

 Lariboisiere, près de la maison, Oui j'ai compris que tu y seras à seize heures c'est l'ouverture des visites en soins intensifs, mais on peut y aller n'importe quand en soins intensifs je le sais j'en sors je te dis même si tu ne m'écoutes pas tu t'écoutes chialer dans le téléphone et moi tu me fais revenir des années en arrière et même mon téléphone me parait sale.

 Je fonce. Je dois passer a la banque avant c'est impératif. Je suis à la queue au guichet je te rappelle toi mon fantôme morb- et sordide, il est seize heures moins le quart, Elle est entrain de s'éteindre tu dis, les clients de la banque ont compris, je ne sais meme pas ce que j'ai du répéter, ils me laissent passer, je prends la tune en tremblant, merci.

J'arrive dans les longs couloirs, le service vite, je cours sur mes douze cm St Laurent qui tiennent la déroute, je grimpe ces escaliers que j'ai pratiqué dans une autre vie, le service réa cardio, encore, once again, les portes battantes orange, Pedro devant la porte, pleure, C'est la fin.

 Pourtant non ça n'est pas la fin. 

Tu es là ma Nath, avec ton cou énorme et ton visage jaune, un liquide marron entre tes paupières gonflées, tes mains posées à côté de ton ventre d'où s'échappent des tuyaux, tu es intubée toi aussi, ils ont mal posé, ta bouche est déformée, il y a du sang, du sang dans ton nez, du sang pres de tes yeux, du sang...

Tu respires.

J'ai vécu ça tout récemment, je connais les gestes, ceux qui sont encore pratiquables, ceux qu'il ne faut surtout pas louper, c'est now or never.

 Et je te tiendrai comme ca, ta tete au creux de mes bras, pendant quarante huit heures.

Le pere de tes enfants n'est pas là, et ton dernier amant, lui, est venu.

Chassé croisé.

Il part au Brésil, le père de tes enfants lui, est aux états unis.

L'attendre.

C'est le défilé. De ceux qui ont le courage d'affronter. De tes fils. De tes frères. De ce qu'il nous reste quand c'est la fin.

Moi je te lâche pas, je suis assise sur le côté, je pose ma tête sur ton épaule, je carresse tes bras, tes mains, tes cheveux que je lisse, ton front, Ram et moi, maters, Ram me regarde faire et comprend, elle dira plus tard que j'ai montré le chemin, je te parle, on te parle, on te souhaite bon voyage et surtout, surtout, on te dit et te répète, Tu as fait du mieux que tu as pu.

Je serai toujours là pour tes enfants, et des Je t'aime en rafale.

Sans jamais lâcher ta peau, ta peau jaune, ton visage si dur à regarder et paradoxalement si calme, le bruit, ce bruit, le son de la machine qui fait respirer, le coeur rouge qui clignote de temps en temps, des alarmes, les lignes de trois couleurs qui donnent les infos de ce qui se passe dans ce qui te reste de vie, tu nous entends je le sais, du mieux que tu as pu, la fin de toute cette souffrance, la fin de la répétition, te frères incrédules, faire pareil que ta mère, mourir a quarante ans d'une cirrhose, impossible, si, possible, la reproduction de la destruction, pas réusssi à endiguer, pourtant des efforts tu en as fait, j'en aurai la preuve, après, en découvrant tes cahiers de cure(s), on a été, toi et moi on a tellement été, on s'est tellement aimé, oh bordel ce qu'on s'est aimé toi et moi, tous ces voyages, toutes ces années, tout, on s'est aimé comme des dingues, sans e sans s, aimé, on s'est aimé comme des malades, aussi, nos parcours vitriolés, je caresse ton bras, ton visage, tes cheveux, je te murmure des choses pour te libérer, de nous, de ce monde qui t'as retenue trop longtemps sans doute, tes enfants, pendant ces deux jours hors du temps où le métro aérien passe devant la grande fenêtre, il fait beau, le soleil parvient jusque sur ton lit dans la grande piece, nous sommes là tout autour, je ne te lâcherai pas, jamais tu m'entends, je t'aime comme je n'aimerai plus jamais, il n'y aura pas d'autre toi, il y en aura d'autres, mais pas comme toi, one...

 

Et le lendemain arrive enfin, et lui aussi arrive enfin, et les médecins qui attendaient viennent, et préviennent, on va débrancher.

 

Personne ne sait combien de temps cela peut durer.

 

Tu es costaud(e), ton corps épaissi par l'opération, mais ton corps épaissi aussi, par tous ces flacons qu'on retrouvera partout, dans tous les coins et recoins, ces flacons qui nous feront tant de mal avec Ram, apres, apres demain, pour l'instant on te débranche, et l'écran, et l'écran raconte que tu vas partir, tu es encore là mais plus vraiment, je suis sûre que tu es encore là, on t'enlève la perf, on t'enlève les poches, tu restes avec le tube qui te déforme salement la bouche.

 

Et le pire vient.

 

Tu te convulses. Tu es agitée d'immondes soubresauts, ton visage est pétri de rictus infâmes heureusement ton ainé est parti, on appelle les medecins, il te sédatent encore et encore, ca se calme et ca revient, on dirait vraiment que tu refuses, que tu ne veux pas de cette mort, alors je te prends dans mes bras, ta tete au creux de mon épaule, et je tiendrai, je tiendrai ces cinq heures, sans bouger, mes mots d'amour à ton oreille, je ne prends la place de personne, nous sommes tout autour, il y a des va et viens, il y a des sourires même et des larmes, moi j'ai les yeux secs, depuis trois mois j'ai les yeux secs, et puis, cinq heures apres, la couleur sur ta joue tout près de tes yeux change, ton front se durcit, tes joues jaunissent, ta bouche aussi, se raidit, les chiffres descendent, descendent sur l'écran qu'on fixe tous comme hallucinés, et puis ton front de plus en plus froid, et le médecin qui revient, il dit, C'est entrain de se terminer, Tu as fait tout ce que tu as pu ma belle, pars tranquille, on ne t'oubliera jamais, je ne laisserai jamais tomber mon filleul, pars tranquille, va, reposes toi.

 

C'est fini.

 

La machine arrêtée.

 

On enlève le tube.

 

Tu es maintenant jaune et sereine,  jaune et débarrassée, des tubes, de la science, de la souffrance, de la vie, du monde.

Tu es mieux là où tu es.

 C'est ça Drink, la résonnance.

 Ce Tu es mieux là où tu es. 

 Parce que ça, il faut un paquet d'amour pour pouvoir le penser.

On t'a  brûlée le lendemain de noel. Ca fera donc six mois demain.

Et je ne t'oublies pas, crois-moi. 

Crois moi...

Crois moi.

 

c. 

 

23.07.2008

RECETTE POUR UN BONHEUR ( POSSIBLE )

Ingrediens :

Un bon cagnard

De l'éloignement ( 300 kg environ)

Une solide dose de silence ( alentours, à peine perturbé at minima par une session groove salad en mineur via un ordi crachouillant)

Un zeste de solitude ( en parenthèse, mais )

La présence de l'eau ( pas loin, juste à côté, en version moulin)

Des bulles ( plein le frigo)

Des bulles ( soufflées plus tôt par une enfant )

Les mémoires de Marianne F. en perfusion dans la viande ( merci Eva pour l'idée )( ma soeur)

Une connexion ( obtenue à grands renforts de...) pour enfin acceder a Sandraaimepierre et Drink75 ( deux semaines d'abstinence, record battu)

Des perspectives alléchantes en botte ( villégiature, cellule familiale, mer, no car, no game no joy, no pain no pain )

Un soupçon de fuite ( en avant, toujours en avant heureusement )

Un doigt ( je te vois venir gros cochon ça n'est pas DU TOUT ça ) de légereté.

Deux doigts ( non pas là dans ton cul ) de restauration de l'ego inhérents à un rendez-vous manqué le moins possible

Une pincée de Mourir oui, mais plus tard pas tout de suite ( vas te faire enculer salope on te l'a déjà dit)

Une larme ( une poussière dans l'oeil je te jure ) de frayeur nécessaire ( la peur n'évite pas le danger, certo)

 

Préparation/cuisson/toutdanslememesac :

 

Tu me li(e)s tout ça.

Tu ne mélanges rien et surtout pas tes pinceaux ce n'est pas parce qu'on est sur mon blogmoche que tu peux faire n'importe quoi.

Tu passes au four ( tu changes ton plat en tournesol, comme moi )

 

Et tu consommes ( tu jouis ).

 

Donnes m'en des nouvelles ( je t'en prie comme dirait E...)

 

Bonap.

 

c. 

22.07.2008

FREE DOSE

Des nouvellles de l'oeil crevé du cyclope toujours en CDD sur le blog de PB.

C'est là ( et c'est bon ma soeur ) : http://paleblueyes.hautetfort.com/




17.07.2008

10 DE TREFLE.

Je me suis longtemps méfiée des sorcières, des oracles, des bonimenteurs, des lecteurs dans les lignes, je me suis méfiée jusqu'à ce voyage au Brésil qui devint un livre, où une sorcière et moi, vécumes pendant un mois ma victoire sur le petit soldat.

Pourtant j'ai cédé, avant, deux fois.

L'image est très nette, j'habitais au 102, ma voisine, une arménienne qui en avait vu d'autres, croyait beaucoup dans les cartes.
OK.
J'étais dans la merde.
Je ne voulais pas le voir le croire l'admettre mais j'y étais jusque par dessus mon cou affiné encore par la torture.
Je me souviens de ce 10 de trèfle.
Et de son interprétation.
Tout viendra, tout viendra mais avec du retard.
Tu es empêchée.
Ca ne durera pas toujours.
Il faut avoir confiance.
Je voulais à cette époque retrouver un boulot, publier mon livre chez le gros enculé qui nous a planté nos deux ans de boulot mortiphère peut-être mais tellement important, c'était prévu, nous avions un deal, je voulais que le monstre s'assagisse, qu'il se calme, qu'il ne soit plus violent, qu'il ne soit plus un infâme salaud, qu'il ne me trompe plus, qu'il ne m'humilie plus.
Je voulais me libérer de jougs ancestraux.
Je voulais Etre.
( J'avais déjà, pas mal ).

On ne consulte que lorsqu'on est désespéré.

La deuxième fois c'est Lyon, Chantal, qui tenta de me convertir aux Rose-croix, et qui vivait dans les cartes.
pendant ces quelques jours où ma mère fit un ictus, où elle crut pendant deux jours que j'étais accidentée et qu'on ne voulait pas le lui dire, où elle a cru que son père était toujours vivant, où la vie qu'elle menait l'a rattrapée jusqu'au seuil, sa double-vie, elle est devenue amnésique pendant 48 heures et je n'en savais rien, j'étais à Lyon chez un guitariste, avec ma croix qui n'avait rien de rose, ma croix qui me faisait vivre le supplice en permanence, ma croix tellement belle... que j'aurais tout supporté encore et encore.
J'ai posé la question qui s'imposait.
Où allait on.
Est ce que cette fois ci je le garderais.
Est ce que ce serait lui le père ?

J'ai lu l'effroi.
Je me souviens impeccablement.
L'effroi.
Non.
Non a t'elle eu le courage de me dire.
Non ce ne serait pas lui.
Oui, il fallait que je méfie.
Oui, ma vie.
C'était le meilleur ami de son mari pourtant.
Ca va prendre du temps m'a t'elle dit.
Ca n'est pas pour tout de suite mais ça va venir.
Tu vas.
Tu dois fuir.
( Après ça vas t'en continuer un week end comme si Mais non tout va bien mais bien sûr mon amour )

J'ai réussi à le larguer ce con.
Combien de temps après...
Il a fallu Toulouse, vingt kilomètres à pieds par jour, Toulouse deux fois et mon regard sur moi.
Il a fallu que je rentre de Toulouse et que je m'agenouille dans mon immense pièce.
Il a fallu que, noyée dans une robe noire qui appuyait mon antigonisme, je ne tombe a genoux.
Il a fallu qu'à genoux, je ne regarde soudain, et ça n'était pas la première fois, ce grand couteau de cuisine.
Que je pense Je vais me trancher le bras.
Je veux mourir.
Là, maintenant, devant lui, devant sa méchanceté, devant sa perversité.

Je me suis relevée.

Deux jours après, c'était fini.
Notre histoire en sacs poubelle.
Des dizaines et des dizaines de sacs poubelle.
Plus de quatre années.
L'enfer soigneusement rangé dans des sacs poubelle.
Par moi.
Casses toi.

Les cartes l'avaient dit.

Et puis Nazé.

Nazé qui a vu et lu sans rien d'autre que m'avoir vue moi tout.
Tout l'avenir le présent le passé.
Nazé.

J'ai tant écrit et ce n'est pas fini sur le sujet, ça n'est pas pour ici.

Mais je repense souvent à cette première lecture.

Du retard.

Ca va venir.

Empêchée.

Alors comme quand aujourd'hui...

Avoir confiance.

Domestiquer la patience.

Croire.

Ni dans les tarots ni dans le marc ni dans une boule ni dans nada.

Croire.

( ma bonne étoile...)

Ca va venir.

Je suis prête.

J'attends.

c;



16.07.2008

LA FRUSTRATION PAR L ECOEUREMENT

Si ça c'est pas de la belle philosophie... ( le bel épicurien qui a pondu ce chef-d'oeuvre, faute d'avoir la cabane en sapin au panthéon, aura au moins ici trouvé la reconnaissance éternelle)(du ventre)

J'eus souhaité intituler cette note "Dernière séance" mais ça a déjà été pris par un bouquin pas mauvais ( beaucoup moins bon que le JFK&MARYLIN qui est une véritable gourmandise qui fait peur ( comme souvent les gourmandises ) ( le sucre c'est mal ), tant il décrit avec minutie l'écheveau démoniaque des services secrets de là-bas de l'autre côté de l'océan là où l'euro coûte un billet vert soixante ), bref, je trouvais ça bien comme titre parce que c'est le fond de l'idée de la note du jour, la dernière séance en question qui s'achève par un :
Et vous emportez une machine à écrire sur votre île n'est ce pas.
Oui bien sûr ( une machine à écrire...)
Mais j'écris tout le temps vous savez debout alors que je me dirige vers la porte.
Oui, mais il est temps de vous remettre aux livres.

( je sais )

( je sais...)

Dernière séance parce que je n'y retournerai pas avant septembre, pas envie, pas besoin, il faut que la vie avance, point.

La vie...

Plus belle qu'elle est quand elle est loin ( mon plexus en béton peut témoigner ).

Plus belle la chez Eva ( on avait dit pas les noms je sais mais je fais ce que je veux je suis chez moi ici).

Plus belle la, nous.

Plus belle la.

Quatre jours sous le signe de la symbiose, aka Faut pas nous faire chier.

( et ça ma soeur, ça change bigrement le paysage, une vraie carte pouestale )

On devrait inscrire la jouissance au programme scolaire des écoles primaires, ce genre.

Je ne pensais pas être capable de refaire une telle performance ( groupée ) sur Tostakis. Depuis qu'Hugues est parti, et qu'il a emporté ça de nous de notre adolescence avec lui dans ces eaux de St Barthélémy.

( ne jurer de rien, jamais )

Faire du rewind et du fast (fast...) forward, revoir les yeux de fauve, insufler ce qui est possible, faire rentrer la vie extérieure, un vernis rose contre toutes les agoraphobies du monde.
Les yeux fauves n'ont rien perdu de leur beauté, ni de leur fantaisie, les yeux fauves ont besoin de retrouver la lumière.
Eva et moi : plein phares.

Eva Emoi.

Et tous ces moments, jolis, calmes ou emportés, adroits ou empotés, tous ces moments de grâce, d'altitude légère, au son des mélodies d'été et des pauses passagères.

Ces instants d'élévation en sous-sol, dans un club sans âge, comme des animaux lâchés en terre de liesse, sous le regard bienveillant d'une butch tellement...tellement, que la Dayan et la Lara à côté...
Du bon matos pour les soirées d'hiver, dans la série great remembers.

Les instants de silence, aussi.

Le plus difficile, hein, savoir être silencieux à deux. Sans que ça gène. Sans que ça prenne. Les fluides. Et le tempo au repos.

Avec le ciel en pétards, pour achever le spectacle de l'immersion en eaux sensibles.

( ce Je t'aime du troisième soir, pudique et franc, clair malgré, dans ma besace pour l'éternité ).

A part ça on a bien picolé.

( Où ça qu'il est écrit que nous sommes des saintes...?)( Plutôt crever ).

La frustration par l'écoeurement on a dit.

Deux coeurs qui disent la vérité.

Le ciel est basélourd sur la capitale de la France qui si elle n'y prend pas garde, deviendra bientôt aussi répugnante que le pays de Berlusconi.

Le demi-noir préposé au poste de chef chez l'ami ricainré cette nuit, lui aussi, donner son point de vue sur comment gérer l'étranger.
( et aussi comment gérer la petite déconfiture là où - comme l'a si bien dit ce clodo en plein feu d'artifesses que même si on lui a asséné un bon Ta gueule au bout d'un moment quand aux salves des fusées de toutes les couleurs de la tune il a dit " A Bagdad c'est comme ça tous les jours"...il avait raison - le grand gendarme de l'humanité a tenté de...raté ).

Le ciel est gris et blanc et éblouissant.

Et on ne peut pas rester sourd.

( Mourir d'un oeil qu'elle chante la Daphné...).

Elle chante aussi qu'elle veut danser souvent avec le diable de l'été.

( jusqu'à s'en écoeurer ).

Le ciel est gris et bas et lourd et blanc et le monde est pesant.

Mon coeur, lui, est.

On mourra oui, mais pas tout de suite. Après.

c.
















12.07.2008

L'ABSENCE, EXPLOIT DIVIN

c'est une photo,

le mur du CAPC de Bordeaux, rue de la Foy, ce panneau " L'absence, exploit divin " qui nous cueille et nous recueille dans un rire explicite.

c'est un cadre, celui des villes où ne connaître personne est la pire des ivresses, où l'immaîtrise des destinations fonctionne comme un neuro-stimulant macro-dosé, où l'anté-pespective : ne rien avoir à faire, ne pas avoir de rendez-vous, n'avoir aucun programme, ne subir aucune contrainte fait crapahuter l'adrénaline en tête des sondages sanguins.

 

c'est une image, une blonde une brune qui fument, et boivent, et re-fument encore le long des quais, deux filles en robe ( des filles des vraies ), bras contre bras coeur contre coeur, deux filles comme deux soeurs lâchées en Aquitaine.

 

Une gironde, l'autre un peu moins.

 

c'est un tableau,  la chasse au détail pour que tout fonctionne sans accroc, la fluidité des évènements successifs dévêtue des oripeaux du quotidien, à la poursuite d'une âme en verre, fragile, lointaine, dispersées dans les insconscients collectifs, un rêve.

 

c'est une esquisse, oui, aussi divine que l'exquise de l'homme à la tête de chou, celle d'une liberté durement acquise, l'émancipation de carcans brodés à l'ancienne, une infinie douceur en toile de fond, une persistante douleur en voile de plomb, provisoirement déchue des épaules, jonchée inerte au sol, froissée. 

 

c'est un écran, le message de bel ami pendant ces lignes qui signifiait " disparu, tu as disparu " alors que nous savions tous deux même si je ne comptais pas répondre que nous nous reverrions bientôt.

 

c'est un dessin,  trois crayons, un pour l'avenir un pour le présent un pour ce qui a la bonne idée de n'avoir aucun chance de se reproduire ( on ne meurt que sans foi ).

 c'est une aquarelle, celle de n'avoir pas pleuré pour diluer la vérité, celle de n'avoir pas de larmes à offrir pour pastelliser les couleurs, le pinceau épais et léger.

Epais et si léger...

 c'est une signature chantée en bas, à droite.

 de l'autre côté du c(h)oeur.

 

10.07.2008

LA ROUTE

Beigbeder l'avait écrit dans Voissexe au sujet de " Waow ", je suis une Kerouac en jupon ( enfin jupon faut pas déconner non plus ce n'est pas parce qu'on est sur un blogmoche, le jupon et moi tu vois ce que je veux dire...)...

Face à l'impasse, la stratégie de l'Ailleurs comme unique source de salut, ailleurs loin, ailleurs mieux, autres réveils, autres infinis à scruter, le vide comme une promesse, le néant comme opportunité, sans opportunité de consommer, consommer pour nier, consommer pour dissoudre, consommer pour dominer, consommer pour (se) vendre.

Face au large, signer la fin de l'étroitesse dangereuse des tunnels sans sortie apparente, sigler avec les vents, marquer au rien-faire.

L'ivresse du vide.

Face aux horizons, ré-écouter les musiques, oui, celles-ci, celles des phrases à triple-sens, des mélodies emportées, oui, celles-là, qui transportent et font virevolter, Jigsaw falling into places...

Face au silence opposer des phrases ténues, affûtées au silex des répétitions, système flaubertien, gueuloir interne, ressasser repasser jusqu'à la parfaite sonorité, et puis, reprendre la philosophie globale, lâcher prise. ( lâche éprise ?)(voire...).

L'enfance en boomerang sur une proue érigée dans un espace cédé au Mistral, affronter le sombre, se saouler d'azur.

Fuir et re-fuir, laisser derrière soi les combats aux démons.

Voler.

Le corps sec, le coeur plein.

Voler.

Comme une enveloppe de velin soumise au large.


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