« 2008-05 | Page d'accueil | 2008-07 »

27.06.2008

GO GO GO

Tu sais ce que j'en fais de la tendance ?

Je voudrais l'inverser, voilà.

Que le mouvement de mode "bad timing" se mue en " how lucky you ".

Je voudrais que ce coin de ciel...

Aussi laisse moi te demander à toi fidèle ( et brave ) lecteur de me prêter main ( chance) forte.

Chacun ses marabouts ( les bons), ses gri-gris, fétiches, saints machins et trucs bidules.

Je te demande pour une fois de me les dédier, d'orienter leur pouvoir vers moi.

Je saurai ne pas être ingrate, après.

Parce que tu vois, après une accumulation pareille, quand l'étape c'est poser la foulée et rebondir, il faut La chance.

Ma bonne étoile veille pour de sûr, mais je sais cette fois qu'elle a besoin d'une bonne béquille.

Quelque-chose d'inattendu s'est profilé, si féru de promesses.

Quelque-chose, de, pour l'instant, inaccessible.

Prêtes moi ta baraka, je te la rends dès que, sur la tête de mes petits ( la mienne suffira ensuite, la mouise peut aller se faire foutre, nous ne sommes pas du même bord ).

Hier, mes jambes vacillaient, mon coeur frappait dur, mon palais était sec.

Je ne peux pas rater : ça.

Cette promesse là.

Après le travail, les reconstructions suivront.

Prêtes-moi ta chance.

Dans deux heures mon wagon pour l'éloignement provisoire, les enfants, eux, partis pour de longues semaines.

Moi, seule. Et qui a besoin.

Allumes ta bougie.

Merci.

c.


25.06.2008

ZOO SESSIONS ( le marais) ( suite)

From JC ( prophète aviné de la rue Charlot ) :

1. On ne dit plus YO !, mais BYO ! ( gestuelle Public Ennemy included )

2. C'est le défilé de marais-Chantals

EN MODE REPLI.

Le silence dans le bruit omniprésent des ondes, des autres, des impératifs.

La pénombre dans la lumière assourdissante des baies traversées par le tant attendu.

L'arrêt du corps dans le tourbillon incessant des mouvements obligatoires, parfois répétitifs, et majoritairement contrôlés.

Le calme envoûtant ce chaos omnubilé du chariot des angoisses lancé à pleines colères.

Les iris couleur mer d'huile.

Quand les territoires nocturnes deviennent des champs de guerre où tout meurt et revit et par là-même meurt sans doute enfin.

Tandis que des maisons - qui toujours, recréent l'architecture rêvée, des maisons sur mer, des maisons avec piscines intérieures, des maisons à histoires reliées encore et toujours jusqu'à quand on ne sait pas à celui qui - des maisons apparaissent et dessinent des fantasmes d'ailleurs, de déménagements, un autre corps, une autre vie. Plus grandes. Plus belles. Perclues d'espaces à redéfinir. Des maisons vie de.

Quand le ciel refroidi n'est que source de tourmentes aux réveils abrupts, secs.

Alors le jour.

Préserver le fragile fluide des emportements de la vacuité.

Laisser le pouvoir du refuge aux mots des autres, chaque mise en lecture comme une pause.

Le marin éloigné sous les levants nippons, qu'il y a quelques mois encore. Il y a quelques mois à peine. Juste après le seïsme au pays de toutes les secousses sismiques majeures. Le tremblement en moi ayant à peine eu lieu. L'échelle scorée au maximum de ses références collectives. A ce moment là pourtant, noyée dans cette civilisation protectrice parce qu'idéalement lointaine, tout était encore jouable.

Il était là le grand connard, grossier sosie en col roulé noir et pantalon de velours. La version grasse. L'aversion aussi, mais maîtrisée.
Nous déjeunâmes ainsi au septième ciel ducassien, dans une parfaite hypocrisie, son fils faisait partie de ce voyage pourtant dédié à tout autre chose que la famille, petite chose maigre fade malgré sa taille convenable et ses études, à l'époque, la bête se contenait devant l'attablée emphasique et respectueuse, façon pays du soleil qu'on observe levé derrière des fenêtres à suer sans jamais jouir.

Il y avait eu aussi un dîner dans l'immeuble Sisheido où l'on consomme italien, la première des mascarades pendant laquelle, épuisée, je ne voulais rien voir que mon répit.

Et puis il y avait eu ce dernier soir, qu'on nous avait vanté en apothéose, impériale clôture de ces quelques jours de retrait après l'ouragan.

Père et fils, encore.

Je me souviens. Parfaitement sans aucune trahison du temps écoulé depuis. Alors même que je conte la morsure abdominale saisit sans aucune altération les couleurs de ce soir là.

Il y a eu le verre. Et le passage aux plaques. Et cette façon qu'ils ont eu, les deux hommes de pouvoir, le reçu et le recevant, de me bouter hors.

Le recevant, complice immédiatement avéré, serrant du regard comme s'il avait s'agit de ses bras l'ersatz. Puis, distribuant les convives en deux, deux plaques, deux tables.
Trois femmes, dont moi.

Le petit patron expatrié choisit alors les deux autres, sans à peine daigner.

Ma place est au rebut, avec le fils, les employés inférieurs, les pièces rapportés sans e, ce sont des hommes.

Dans un territoire où tout n'est qu'us et conventions, le message est limpide, l'affront exprimé.

J'aurais dû ce soir là.

J'aurais dû, déjà, quitter.

J'aurais dû ne pas me soumettre et ne pas vivre la scène à suivre, mon envie de hurler, ma faim écrabouillée, mon mental ensanglanté, ma fierté en flammes.

Je pensais à ce qu'aurait pensé celui qui. Si. Inaugurant par ce phénomène précis une longue lignée. Instiguée au pays de la suprême dynastie.

J'ai ployé.

Forcée à sourire au fils, et rire avec les employés.

Je me souviens de nos conversations ineptes dans un anglais assez abject pour être équitable. De tous ces meubles que je sus installer pour dissimuler les souillures de la honte. L'humiliation du rejet.

J'aurais dû me lever.

En mémoire de lui et en pouvoir de moi.

J'ai courbé.

Observant d'un oeil averti et discret malgré les foudres les grands crus s'amonceler chez eux. Tandis qu'à notre table personne n'aurait osé. Entendant sans vouloir écouter les exclamations exagérées, délibérément exagérées. Nuire. Enfoncer. Abattre.

Je n'ai rien perdu ni déformé de la gêne des autres.

Tous soumis.

Je me souviens d'avoir tenu bon, jusqu'au dernier cognac pour lui dans le bar très Lost in du tout nouveau palace. Il en a bu deux. Souriant. Souriant sans doute ma honte bue. Jouissant d'elle.

Et de mes membres, plus tard dans ma suite, tremblants d'avoir su rester aphones.

Ce dernier soir gâchant toute la magie des jours qui avaient précédé. La parenthèse refermante noire sur la pause pays du rose.

Où pourtant pendant quelques jours seule, j'avais arpenté, appris, découvert, partagé, rencontré, démontré.

J'entends encore sa voix, ultime symbole de son intégrale vulgarité.

Son accent de parvenu.

Son intonation lubrique de remplaçant provisoire au poste d'électeur d'égéries.

Déguisé, et mal, en mon père.

J'ai écrit à celui qui attend aujourd'hui.

J'ai dit : ce que j'aurais fait de mieux depuis est encore passé à travers le net.

La première adresse confidentielle, SM, à la mort du père d'Emmanuel et à la gloire simultanée de David Lafore, en septembre.
L'adresse tue, AVANT-APRES, dont une seule personne a emprunté la spirale. Puis ici.

J'ai dit : j'ignore si cela mérite de dépasser l'étape.

En y incluant bien-sûr, ce que je tramais en parallèle.

Je ne suis plus un petit. Je suis un grand soldat. Armé jusqu'aux couilles.

J'ai décidé de dégoupiller.

Tu as tiré toutes tes balles, ton barillet est épuisé.

Maintenant gros tas de merde, c'est à moi de tirer.

J'ai envie de cette guerre.

Parce que je ne veux qu'Aimer.

( au même moment la clameur extérieure des turcs, un cri de foule, raccord )

La nuit tombe, le noir descend, tu vas voir, tu vas voir comme c'est cruel d'être une cible.

c.








23.06.2008

I HAD IT.

Une maison, inconnue au bataillon de la réalité au réveil, il arrive, c'est le lieu de travail.

Il est abîmé, des hématomes, sa bouche enflée, des stigmates d'une souffrance avérée;

Mais il est vivant.

J'hésite à perturber son retour aux affaires et au pouvoir, faut-il lui dire l'injustice et le complot.

Puis plus tard je me décide, il sourit malgré le visage tuméfié et l'apparence globale de survivant, il incite au déballage.

Que j'exécute sans toutefois oser aller jusqu'à l'ultime bouteille balancée à l'amer, dans la réalité comme dans l'espace paradoxal restée lettre morte.

J'exécute par la même le félon. Et compile les meilleurs moments du saccage.

Puis, je suis à la fenêtre, devant laquelle défile la cohorte de ceux qui vont déjeuner.

Je réalise alors qu'il va passer lui aussi.

Et que derrière moi, est assis à son bureau, le revenant que personne et surtout pas lui n'attendait, celui qui va briser tous ses élans meurtriers à mon égard.

Je me souviens sourire à l'idée, et penser à voix haute alors que je l'aperçois Il est revenu.

Les chiffres digitaux de la réalité racontent qu'il est l'heure des enfants de l'école de la dernière semaine du mois de juin, il fait beau.

Il ne reviendra pas, non.

Et je l'ai écrit ci-avant, celui qui tuera un jour, plus tard, après reconstruction, ce sera moi.

Il fait beau.

Et quelques secondes de sa présence, fussent-elles paradoxales, sont toujours vives à prendre.

c.


19.06.2008

NEVER ENDING STORY ?

Quand quelqu'une a fini sa phrase, j'ai marqué un bref temps, celui de revenir plus de vingt ans en arrière.

Et j'ai raconté.

Mon premier stage, dix-huit ans, sortie d'HK - ( sans aucun honneur, année bâclée, année accidentée, année du très grand froid où, plâtrée, rester immobile dans un lycée sans chauffage pour cause de canalisations gelées était devenu impossible, même pour cinq heures de philo en continu avec un personnage inouï)- , mon beau-père de l'époque ( qui pensait que j'aurais été bonne dans une carrière chez Cosmopolitan, ma verve ) entreprend de me faire démarrer dans une des plus grandes agences de pub, l'été.

Mes premières bodycopys, accroches, des sujets ineptes avec lesquels faire des jeux de mots, tout est intact.

Etrange pénétration dans le merveilleux monde du travail ( pour celle qui clique sur Google, private joke ), où personne n'a envie de voir un nouveau pion plus jeune damer les teams en place, et où surtout, dans mon cas précis, personne, je dis bien personne, ne m'adresse la parole en dehors du strict minimum.

Les pots sont légion, et un mois après mon arrivée dans un nowereland de la communication ( on est pourtant dans le coeur de la matrice ), j'entreprends un sympathique grand brun sempiternellement vétu d'un costume pied de poule noir et blanc et de Creepers, afin de tenter de comprendre qu'elle est l'origine de l'omerta, est-ce une tendance, une forme de bizutage, etcetcetc... Le futur gendre idéal des français qui aiment la télé de merde se révèle à cette époque gentil, gros fumeurs de pétards, et donc pas farouche pour reléguer l'info à une grande blonde avenante ( voir *gros seins*).

" Personne ne te parle parce que la veille de ton arrivée MC est passée dans tous les bureaux en interdisant formellement qu'on t'adresse la parole, tu es la fille de celui qui vient de retirer la gestion d'un budget phare de l'agence pour le ré-intégrer dans la maison qui l'emploie ".

Il y a plus de vingt ans.

Hier, avec le vent et ce dernier rayon sur les magnifiques yeux verts de quelqu'une, j'apprends de son joli sourire que, dans les murs où j'officie encore de loin, un mot d'ordre a été donné par Félon. Interdiction formelle de m'adresser la parole.

J'ai réussi à (en ) sourire.

Sachant qu'ici même je pourrais y revenir.

Sachant qu'il n'est pas maintenant le temps de la réaction.

Il va falloir réparer.

Il va falloir vaincre.

Et quand le dos droit, alors, oui, les bottes.

Ma colère est au chaud, bien tapie.

La haine je l'ai déjà dit, n'a pas sa place dans mon corps, aussi meurtri soit-il.

La roue a tourné encore une fois, réitérant sa rengaine, sa complainte de la médiocrité.

C'est la dernière.

Quelqu'un est morte qui était la fille de.

Et c'est bien moi, qui un jour, te tuerai.

( Avec mes petites armes à moi, qui ne conduisent pas en prison ).

Sur les ondes au même moment, une voix raconte que des enfants refusent de consommer les produits que leurs parents assommés par les revolvings ramassent dans les poubelles. Ils se cachent, donc. Puisqu'il faut bien nourrir sa famille.

Je ne plains pas, je constate et j'annonce : plus jamais ça.

Plus jamais ça crois-moi.

( si un jour Carlitache veut se lancer dans la social song, je lui ponds un Plus jamais ça torride )

c;



17.06.2008

POESIE PASCALIENNE ( nan, pas le matheux, la tafiole )

"Ayant récemment découvert qu'au pays des camélias, les chardons et autres ronces sont légion, je souhaite d'urgence trouver un vrai gazon anglais, doux et bien tondu....."... peut etre trop lesbien ou poétique ?????

MA BONNE ETOILE

Tu vois, les secousses, les tremblements, les déflagrations, les terrassements, tous ces états de choc, je les ai déjà connus, pratiqués, endurés et surmontés.

Le ventre qui cogne, les tempes qui martèlent, les spasmes, le menton en dérive, le dos en feu, tous ces symptômes je les ai ressentis, combattus, vaincus.

Oui, la bonne étoile.

Celle qui m'a toujours cueillie, portée, soulevée devrait-on dire même, arrachée du sol de la nasse des tourments des cyclones.

Les balles ont beau siffler les coups tonner les vagues m'envahir, il y a, et a toujours eu cette flamme sacrée, même dans les vents, même dans les ouragans, même dans les déflagrations.

Depuis septembre dernier que tout sans cesse rafale et s'abat, les pertes, les félonies, les béances, il en aura fallu des sursauts, des contre-attaques, des arque-bouttements.

Pour garder le torse droit, le corps en l'air, et faire face aux enfants.

Puiser dans toutes les sources, s'aider de tous les courants, contrecarrer, conjurer, danser et sourire(s).

Je sais le guide.

Et sa puissance.

Celle qui maîtrise pour moi les aléas, prend le pas sur l'émotionnel pour le muter en rationnel, celle qui se joue des obstacles aussi hauts soient-ils.

Celle qui a toujours montré la voie au petit soldat déguisé en petite fille. Lui désignant le sens de la bataille.

La lueur de tous les bivouacs.

Mon aide de camp.

Tu vois j'ai sursauté, même si cela ne s'est pas vu distinctement j'ai sursauté, mon orgueil a pris la flêche dans le mille et tous les symptômes de la défaite m'ont assailli sans vergogne.

La défaite mais pas la débâcle.

La défaite mais pas le renoncement.

Le renoncement c'est pour jamais. Jamais tu m'entends ?

Il y avait tout ce chagrin qui concluait toutes les colères et les désillusions et les manques ( les béances, encore ) qu'il a fallu laisser jaillir et noircir et marbrer de rigoles mon amour-propre dévasté.

Mais ce matin le soleil.

Qu'a fait mon étoile pendant que ma nuit entrecoupée me faisait encore visiter comme jardins...

C'est tout son mystère.

Alors, reconstituer les forces encore en présence, rassembler, constituer l'enveloppe de courage(s) autour de celle, meurtrie par les symptômes et les stigmates et les conséquences.

Renoncer : jamais tu m'entends. Jamais.

Jamais.

c.




13.06.2008

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR...

... Je viens de réaliser que Bel Ami, Manu, et moi, dimanche, on va faire de sacrées économies. ( c'est pourtant réellement pas notre genre)

Vive la fête des pères.

c.

CIRCONVOLER

Si tu savais petite idiote,
si tu savais tous les chemins que je suis obligée d'emprunter pour me détourner de ces phrases que je ne te dirai jamais,
si tu savais combien les mots en moi, provoquent ma colère, noire, sourde, éminente et imminente alors que je sais qu'elle sera tue,
si tu savais ce que cela me coûte ne de pas te dire, te balancer,
toutes ces litanies qui me poussent et me baladent dans des rêves obscurs,
si tu voyais mes paysages nocturnes petite imbécile,
peut-être mesurerais tu comme je le fais sans pour autant que cela ne m'échappe,
combien il m'est difficile, et torturant, de me laisser blesser ainsi sans dégainer mes armes.

Tu ne seras pas mon cancer,
ici,
ici je peux le saillir de moi,
cette gangrène de tout rentrés, contenus, invertis.

Ma maîtrise est mon armure extérieure, celle qui me blinde contre toute sortie qui me serait définitive.
Je ne peux rien te dire.
Ni de la rage que tu fais naître à mes corps et coeurs défendants, et dépendants,
ni de cette douleur infâme, celle des tourbillons maintenus, des formules destructrices auto-concentrées.
En moi.

Tu ne sauras rien, je ne dirai rien, je resterai avec ma colère en espérant que c'est cette même colère qui parlera à mon étoile.
La vraie.
La bonne.
Celle qui me donna un nom, une histoire, un parcours.
Celle qui va me conduire aux étapes d'après.

Tu n'es qu'une pépite, un petit tas de merde déguisé sous de ravissants oripeaux.
Oui, tu es ravissante, calculée et presque si naïvement calculante.

Tu vois, moi, reconnue ou pas, avec prétention ou pas, je vais te dire ici ce qui nous différenciera toujours, quel que soit ton avenir, et toi ton parcours.
Ici, parce que je peux c'est chez moi je te l'affirme notre différence intrinsèque et qui nous suivra,
je suis une artiste.

Et tout ce que j'ai fait, parcouru, raté, réussi, c'est à ce tempérament là que je le dois.

Les méthodes pour arriver, les armes que j'ai utilisées, seront toujours des armes d'artiste.

Avec ses failles, ses impossibilités, ses paralysies, ses aléas.

Mais sans mensonge, et souvent, avec beaucoup de fantaisie.

Tu vois petite idiote, l'arme la plus subtile du monde, celle que tu ne sauras jamais manier ( l'amour en est une autre, je te la souhaite ), c'est elle qui tourne en dérision, qui se moque d'elle même et place tout dans des degrés que le français appelle second.
L'humour mon ange de pacotille, l'humour.

Ca je le sais, tu n'en posséderas jamais les clefs. Ta demeure est au premier.

Je suis entrain de me soulager, de toi, de tous ces réveils et ces couchers depuis quelques semaines, où tout ce que je te ne dis pas gaspille mon énergie précieuse et l'amour qui m'entoure.

Ca n'est pas très glorieux, en effet.

Mais c'est la façon des artistes : transcender la médiocrité, sans même pister quelque gloire. Tout au plus la reconnaissance.

De ceux qui par ta faute petite nauséabonde sans substance, m'observent souffrir sans pouvoir m'aider, puisque le monstre est à l'intérieur de moi, carapacé par moi, bailloné par mon talent à taire, moi dont le talent est de dire.

C'est à eux pauvre imbécile, que tu devrais demander pardon.

Si tu savais à quels géants sombres et vils et durs et puissants j'ai du me confronter ces derniers mois.

Si tu savais comme toute la bassesse avait tenté de me faire ployer.

Des êtres grands, puissants, armés de fer, eux.

Que tu cristallises aujourd'hui.

Avec ton arrogance juvénile, ta crédulité d'enfant gâtée.

Les enfants jolis son gâtés.

Je ne te veux plus.

Je ne veux plus que tu viennes obséder mes oreillers mes silences mes parenthèses et mes créations.

Je ne veux plus que ce que je retiendrai - quoi qu'il arrive je retiendrai cela, je ne m'abaisserai pas, jamais, je le jure à moi-même et c'est bien assez - hante ces espaces où je veux vivre, aimer, écrire.

Ce qui bout en moi, mourra en moi.

Ici.

Maintenant, je vais te remplacer par d'autre visages et d'autres mots, ceux de celles et ceux qui peuplent, et ils sont peu nombreux, le territoire de ma foi en l'homme.

J'ai une, plusieurs guerres à mener.

Et tu n'es pas un assez bel adversaire.

Tu meurs ici, maintenant, ta jolie petite enveloppe sournoise et malhabile déposée, gisante à mes pieds.

Parce qu'une jolie fille comme toi, hélàs, ne sera jamais belle.

Tu es morte, c'est fini.

Maintenant, c'est bien, c'est propre. Tout peut recommencer.











REVERENCE ( MA )

C'est sa voix d'abord, celle qui sort de la gorge, un midi radiophonique il y a quelques mois j'étais porte Maillot je m'en souviens très bien, à l'orée du périphérique, justement.

Une voix humble et fragile, et la voix humble de celle qui lui pose les questions ce midi là, et qui appuie et détache bien chacune des syllabes, comme on le fait avec les pavillons fatigués par le temps.
Cette voix marquée par neuf décennies et demi de vie tourments écrits regrets regards, et passion au singulier.

Où sont passés les guerres les luttes les renoncements les écoutes. La sagesse.

Ce midi là Henry Bauchau qui vient de publier Le boulevard périphérique me fait oublier ma route, mes détournements, me ramenant en revanche au seul point crucial de la vie de ceux qui décident de l'habiller de mots de phrases de formules de tournures de chapîtres et de fins toujours trop tôt posées quand l'oeuvre est à la hauteur : pourquoi j'écris.

Pourquoi je lis, aussi.

Je lis pour découvrir que cette histoire parallèle qui est mon sujet du moment est un extraordinaire roman écrit par un homme de 95 ans qui n'a plus rien à prouver d'autre à la face du monde que ce qu'il a vécu.
Je lis pour encore une fois constater qu'il y a tant de façons de décrire ce qui est lot de ceux qui choisissent les mots les phrases les verbes pour laisser la trace de ce que la vie imprime à sa manière sur chacun de nous de façon aléatoire mais toujours similaire.

Je lis pour découvrir à mon âge qu'un homme de 95 ans dépasse toutes les jeunesses et les flamboyances quand il raconte l'amour la mort la jouissance et les démons.
Même si la jouissance, dans son cas, n'a pas eu lieu, en tous les cas pas de cette façon-là.

La jouissance ailleurs : écrire.

Je lis pour sentir entre mes poumons au plexus solaire une blessure au fil des pages qui guérit de l'humanité.

Né en 1913.

Je ne suis pas un bien grand prince fait dire St Exupéry à son personnage aux cheveux couleur de blé quand sa rose unique se trouve reproduite à plus de cinq mille exemplaires dans un champ.

Et pourtant.

Ce livre là d'Henry Bauchau, " Le boulevard périphérique ", distingué in-extremis par un prix bien en-deçà de ce qu'il mérite, ne fait que tracer la voie.

Celle qui ordonne à toutes les voix qui ont choisi l'arridité de l'écriture, la sécheresse graphique et visuelle de ceux qui n'ont que les mots les phrases les verbes les tournures les métaphores le style pour dire et re-dire l'histoire éternelle de ceux qui ont vécu. On pourrait même ajouter Et qui ont eu le temps, ce temps, de vivre.

C'est chez Actes Sud.

Ma révérence Monsieur Bauchau.

Ma très grande, très humble révérence.


Toutes les notes