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25.06.2008

EN MODE REPLI.

Le silence dans le bruit omniprésent des ondes, des autres, des impératifs.

La pénombre dans la lumière assourdissante des baies traversées par le tant attendu.

L'arrêt du corps dans le tourbillon incessant des mouvements obligatoires, parfois répétitifs, et majoritairement contrôlés.

Le calme envoûtant ce chaos omnubilé du chariot des angoisses lancé à pleines colères.

Les iris couleur mer d'huile.

Quand les territoires nocturnes deviennent des champs de guerre où tout meurt et revit et par là-même meurt sans doute enfin.

Tandis que des maisons - qui toujours, recréent l'architecture rêvée, des maisons sur mer, des maisons avec piscines intérieures, des maisons à histoires reliées encore et toujours jusqu'à quand on ne sait pas à celui qui - des maisons apparaissent et dessinent des fantasmes d'ailleurs, de déménagements, un autre corps, une autre vie. Plus grandes. Plus belles. Perclues d'espaces à redéfinir. Des maisons vie de.

Quand le ciel refroidi n'est que source de tourmentes aux réveils abrupts, secs.

Alors le jour.

Préserver le fragile fluide des emportements de la vacuité.

Laisser le pouvoir du refuge aux mots des autres, chaque mise en lecture comme une pause.

Le marin éloigné sous les levants nippons, qu'il y a quelques mois encore. Il y a quelques mois à peine. Juste après le seïsme au pays de toutes les secousses sismiques majeures. Le tremblement en moi ayant à peine eu lieu. L'échelle scorée au maximum de ses références collectives. A ce moment là pourtant, noyée dans cette civilisation protectrice parce qu'idéalement lointaine, tout était encore jouable.

Il était là le grand connard, grossier sosie en col roulé noir et pantalon de velours. La version grasse. L'aversion aussi, mais maîtrisée.
Nous déjeunâmes ainsi au septième ciel ducassien, dans une parfaite hypocrisie, son fils faisait partie de ce voyage pourtant dédié à tout autre chose que la famille, petite chose maigre fade malgré sa taille convenable et ses études, à l'époque, la bête se contenait devant l'attablée emphasique et respectueuse, façon pays du soleil qu'on observe levé derrière des fenêtres à suer sans jamais jouir.

Il y avait eu aussi un dîner dans l'immeuble Sisheido où l'on consomme italien, la première des mascarades pendant laquelle, épuisée, je ne voulais rien voir que mon répit.

Et puis il y avait eu ce dernier soir, qu'on nous avait vanté en apothéose, impériale clôture de ces quelques jours de retrait après l'ouragan.

Père et fils, encore.

Je me souviens. Parfaitement sans aucune trahison du temps écoulé depuis. Alors même que je conte la morsure abdominale saisit sans aucune altération les couleurs de ce soir là.

Il y a eu le verre. Et le passage aux plaques. Et cette façon qu'ils ont eu, les deux hommes de pouvoir, le reçu et le recevant, de me bouter hors.

Le recevant, complice immédiatement avéré, serrant du regard comme s'il avait s'agit de ses bras l'ersatz. Puis, distribuant les convives en deux, deux plaques, deux tables.
Trois femmes, dont moi.

Le petit patron expatrié choisit alors les deux autres, sans à peine daigner.

Ma place est au rebut, avec le fils, les employés inférieurs, les pièces rapportés sans e, ce sont des hommes.

Dans un territoire où tout n'est qu'us et conventions, le message est limpide, l'affront exprimé.

J'aurais dû ce soir là.

J'aurais dû, déjà, quitter.

J'aurais dû ne pas me soumettre et ne pas vivre la scène à suivre, mon envie de hurler, ma faim écrabouillée, mon mental ensanglanté, ma fierté en flammes.

Je pensais à ce qu'aurait pensé celui qui. Si. Inaugurant par ce phénomène précis une longue lignée. Instiguée au pays de la suprême dynastie.

J'ai ployé.

Forcée à sourire au fils, et rire avec les employés.

Je me souviens de nos conversations ineptes dans un anglais assez abject pour être équitable. De tous ces meubles que je sus installer pour dissimuler les souillures de la honte. L'humiliation du rejet.

J'aurais dû me lever.

En mémoire de lui et en pouvoir de moi.

J'ai courbé.

Observant d'un oeil averti et discret malgré les foudres les grands crus s'amonceler chez eux. Tandis qu'à notre table personne n'aurait osé. Entendant sans vouloir écouter les exclamations exagérées, délibérément exagérées. Nuire. Enfoncer. Abattre.

Je n'ai rien perdu ni déformé de la gêne des autres.

Tous soumis.

Je me souviens d'avoir tenu bon, jusqu'au dernier cognac pour lui dans le bar très Lost in du tout nouveau palace. Il en a bu deux. Souriant. Souriant sans doute ma honte bue. Jouissant d'elle.

Et de mes membres, plus tard dans ma suite, tremblants d'avoir su rester aphones.

Ce dernier soir gâchant toute la magie des jours qui avaient précédé. La parenthèse refermante noire sur la pause pays du rose.

Où pourtant pendant quelques jours seule, j'avais arpenté, appris, découvert, partagé, rencontré, démontré.

J'entends encore sa voix, ultime symbole de son intégrale vulgarité.

Son accent de parvenu.

Son intonation lubrique de remplaçant provisoire au poste d'électeur d'égéries.

Déguisé, et mal, en mon père.

J'ai écrit à celui qui attend aujourd'hui.

J'ai dit : ce que j'aurais fait de mieux depuis est encore passé à travers le net.

La première adresse confidentielle, SM, à la mort du père d'Emmanuel et à la gloire simultanée de David Lafore, en septembre.
L'adresse tue, AVANT-APRES, dont une seule personne a emprunté la spirale. Puis ici.

J'ai dit : j'ignore si cela mérite de dépasser l'étape.

En y incluant bien-sûr, ce que je tramais en parallèle.

Je ne suis plus un petit. Je suis un grand soldat. Armé jusqu'aux couilles.

J'ai décidé de dégoupiller.

Tu as tiré toutes tes balles, ton barillet est épuisé.

Maintenant gros tas de merde, c'est à moi de tirer.

J'ai envie de cette guerre.

Parce que je ne veux qu'Aimer.

( au même moment la clameur extérieure des turcs, un cri de foule, raccord )

La nuit tombe, le noir descend, tu vas voir, tu vas voir comme c'est cruel d'être une cible.

c.








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