« LE NOUVEAU WESTERN | Page d'accueil | VOUS JE NE SAIS PAS »
27.05.2008
AINSI GÎT-ELLE.
Sa voix C’est la dernière fois que tu vas là bas.
Et je me suis vue alors, de me voir : prostrée.
A l’aube du quatrième jour.
Oh bien-sûr il s’en étaient déroulées des actions, les mouvements, le corps et l’esprit, les vaccations, les réunions dans tous le sens des genres des uns des autres dans tous les mondes, des gens, des gens à écouter, des gens à parler, des gens à chasser, des gens à rebrousser le chemin des désordres, des questions auxquelles personne ne répondrait jamais même pas surtout pas, des gens à vade retroer, cette montagne immense, ce précipice vertige, avec tous ces réveils alors que commençait à être vaincue l’ascension imparable à laquelle m’avait livrée il y aura huit mois demain le seïsme.
Il y avait eu des éloignements, l’île me dit il, La dernière fois c’était avant l’île n’est ce pas.
Oui cette frontière là, et d’autres, Berlin, Bierre, d’autres voyages, il y avait eu le rempart grandissant contre les haches de guerres lance-pierrées directement sur nos visages, mon frère, moi, il y avait eu ces distances progressives avec la Haine.
C’était de ça qu’il s’agissait : la Haine.
Brisée de ma torpeur, sa phrase définitive, accepter ce qui revenait sans que j’ose totalement y adhérer depuis des mois, sans que j’aie jamais voulu admettre qu’elle était née avec moi.
(c’est à cette période que ça a vraiment commencé.)
La Haine.
Quarante ans et des éclats, de vie de cristal.
Avoir jusque ce matin cette phrase ça, le cristal, toutes ces jalousies, rancoeurs, colères, crimes rentrés et tout ce qui constitue la note aigüe destinée à me briser.
Cette note c’est la Haine.
En clef de sort.
Quatre jours prostrée, à se battre contre un démon protéiforme, incarné en phrases empoisonnées meurtrières assassines.
Oh ça n’avait rien empêché, ni la pertinence aux moments exigés, ni les éclats échangés, les uns les autres le tout de la vie en Rose, il y avait eu le Monde, des mouvements, encore des mouvements enchaînés, il y avait eu la mécanique, les automatismes : vivre.
Mais quelque chose était mort qui avait ressuscité : le Mal.
Et les poignards qui revenaient voler même dans les rêves.
Tous unilatéralement dirigés.
Prostrée : déguisée en Cible.
Tu n’iras plus jamais et j’ai entendu la voix des enfants.
Mon frère lui, avait déjà pris sa décision il y a quatre jours : tout de suite.
Dans mon oreille blanche et violée il avait dit Moi c’est fini. Fini.
Il y avait eu le mot guerre aussi.
Mais la Haine c’était encore diffus. Depuis huit mois pourtant, et comment, de son propre sang, admettre, ça revenait poindre, mais chasser, plutôt être prostrée. Dans le travail dans les mots dans les batailles quotidiennes dans les vapeurs dans la danse dans les clubs dans les réseaux dans les verres dans les panoramas.
Ce refus.
Non la Haine ce n’était pas possible.
Et ce Tu n’iras plus jamais qui avait affirmé que si.
Il n’y aura plus jamais.
Monter la côte pour me transformer en cible.
Et en redescendre comme il y a quatre jours changée en statue de Haine.
Retournée par les curares, les poisons, les aiguilles longues comme une vie à Incarner.
Ce n’est pas cela que je veux écrire, tu comprends ?
Quand le film est sorti, je me souviens impeccablement, j’entends même encore la voix parce qu’elle est gravée sur ces feuilles qui animent mon piano mécanique depuis toutes ces années à tenter de, précisément, le trouver, cette voix de femme qui dit « Je lui ai dit, c’est lui qu’il faut prendre ( Mathieu Kassovitz ), et il faut lui faire faire un film « L’Amour ». »
Il n’a pas fait ce film là.
Il en fait d’autres, qui ont construit son parcours et son statut. Sa famille, aussi.
Alors c’est à moi tu comprends.
C’est à moi aujourd’hui d’écrire ce film.
Ce film là : L’Amour.
Ne plus jamais aller là-bas.
Débarrasser les oripeaux de la paralysie.
Se dénuder du Mal.
Mon dieu moi seule.
Avec ces armes qui repoussent : L’Humour, la Grâce. La musique.( les).
Il y avait eu cette torpeur, massive et invisible, cet œil de la spirale destructrice dans lesquels tous les vents contraires s’étaient donnés rendez-vous pour attirer mes désirs vers le fond.
Et une affirmation sans recours pour m’extraire du gouffre.
Rayer.
Tout ça n’existerait plus jamais.
Dissoudre ce cancer : la Haine.
Oh, elle avait su bien se travestir, toutes ces années.
Des déguisements.
Clore ce côté là de mon enfance.
Reprendre les négociations avec mon patronyme.
Rouvrir le bon chapître. (les).
Fermer ce livre là : la Haine.
Et attaquer le mien.
A très vite.
c.
15:11 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
A très vite.
Ecrit par : pam choo | 27.05.2008
c'est toi qui écrit la prochaine saison de LOST, bientôt sur nos à-crans...
Ecrit par : griz | 27.05.2008
Ecrire un commentaire